Synthèse de l’atelier « Pratiques et à ingénierie pédagogiques au service de la professionnalisation » – Colloque pédagogie et professionnalisation de l’ADIUT « La formation par la technologie » (28, 29 et 30 mars, IUT de Montpellier)
Le colloque pédagogie et professionnalisation 2012 sur le thème « La formation par la technologie » avait pour objectif un enrichissement mutuel par des échanges autour de ce sujet et d’alimenter la réflexion des spécialités de DUT sur l’écriture des PPN rénovés.
L’atelier « Pratiques et à ingénierie pédagogiques au service de la professionnalisation » s’est employé à déterminer comment contribuer à faire de nos étudiants les professionnels de demain afin d’assurer leur réussite immédiate et future. Au delà de l’intérêt même des communications présentant des travaux de recherche et des retours d’expériences, cet atelier a permis de dégager une synthèse autour de deux définitions qui sont à la base même de l’identité des IUT : la professionnalisation et la formation par la technologie. Cette réflexion sur nos fondamentaux est indispensable pour ré-affirmer ou peut-être réinventer nos valeurs. Cela constitue aussi notre valeur ajoutée au sein du système de l’Enseignement Supérieur.
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Il y a quelques jours avait lieu à l’IUT de Cherbourg la 5ème édition de Gim’Eole, un concours d’éoliennes urbaines créé par et pour les étudiants. Cet évènement, qui a rassemblé encore cette année 17 des 25 IUT français, confirme une fois de plus tout le potentiel des IUT dans les technologies de pointe.
Dans un article retraçant cet évènement, intitulé « Le jour de gloire de l’éolienne urbaine » et publié le samedi 24 mars dans La Presse de la Manche, Philippe Grangeret, directeur de l’IUT de Cherbourg, s’est félicité de « l’imagination » des étudiants et de leur contribution à « imaginer les éoliennes de demain ».
Dans ce même papier, Andrée Gérard, Présidente du Conseil de l’IUT de Cherbourg, a exprimé son attachement aux « IUT qui associent pédagogie et technologie ». Et d’ajouter : « Nous avons besoin de moyens. Ils ont été remis en cause lors de la réforme des universités. Nous avions pensé avoir obtenu gain de cause après l’accord passé avec Valérie Pécresse, mais quatre ans après, force est de constater que trop de responsables interprètent à leur manière les circulaires. C’est très grave car ces interprétations engendrent des coupes dans les budgets. Des initiatives sont supprimées. Bientôt, tous les départements ne pourront plus proposer le même programme. »
Andrée Gérard a ainsi souhaité sensibiliser les lecteurs à préserver les atouts des IUT en signant la lettre ouverte portée par le présent blog.
La large implantation des IUT et les partenariats tissés avec les entreprises leur permettent d’adapter leurs programmes pédagogiques aux évolutions du marché local et de capitaliser sur deux valeurs indispensables pour les entreprises : la recherche et l’innovation. C’est cette expertise globale des IUT que nous entendons préserver dans un cadre de référence national.
Cette approche recherche-innovation est validée par les plus hautes instances publiques, comme le prouve la visite de Laurent Wauquiez à l’antenne d’Aurillac de l’IUT de Clermont I. C’est pour préserver ce savoir-faire que nous attendons un pas supplémentaire du ministre vers la régulation tant attendue du système IUT.
Pour en savoir plus sur la visite du ministre, ci-après le compte-rendu de visite du Professeur Jean-Marc Lavest, directeur de l’IUT de Clermont I.
« 5 mars à Aurillac, visite de Laurent Wauquiez.
Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche était sur le campus d’Aurillac le 5 mars. Au-delà de l’annonce de la création d’une LP « Métiers de la petite enfance » adossée à l’IUFM, la visite du Ministre s’est focalisée sur le couplage « Industrie-IUT » en Biologie et notamment sur le sujet de bioinformatique. Le département de Biologie de l’IUT d’Aurillac dispose d’une option de Bio-informatique à titre expérimental et nous abritons dans nos locaux un institut de recherche pharmabiotique « IRP » créé en 2009, qui fédère désormais 31 entreprises et universités de 7 pays européens autour de la recherche sur les probiotiques. Après une visite des partenaires industriels dont Lyocentre et Probionov, le ministre a échangé avec les étudiants de l’IUT de l’option bio-informatique sur les intérêts de capitaliser sur la double compétence ; celle du biologiste et de celle l‘informaticien. L’innovation est souvent aux frontières des domaines et les IUT ont démontré qu’ils pouvaient être des précurseurs dans les attentes de nouveaux marchés. Le ministre a rappelé son attachement aux IUT et leur rôle majeur dans le développement des universités en présence du nouveau recteur de l’académie de Clermont Mme Marie-Danièle Campion. »
Le travail entrepris par la France il y a plus de 45 ans afin de donner à l’enseignement supérieur technologique le niveau dont la compétitivité des entreprises avait besoin est aujourd’hui reconnu dans le monde entier. Un certain nombre de pays ont construit leur système sur la base du modèle IUT : le Maroc, la Tunisie, le Venezuela, le Mexique… Bien entendu, il ne s’agissait pas de copier notre modèle à l’identique mais de l’adapter aux nécessités de l’environnement économique local.
Les IUT français, avec le soutien de leur Ministère de tutelle et du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, réalise un certain nombre d’actions de conseil et d’ingénierie pédagogique. Les sujets traités concernent par exemple l’analyse du système et de la gouvernance de l’enseignement supérieur technologique d’un pays, ou l’analyse des contenus curriculaires des spécialités ciblées afin de vérifier le niveau d’enseignement, ou l’évaluation du fonctionnement d’un système selon les normes de qualité internationales, ou la formation de formateurs pour une mise à niveau des compétences et des savoirs.
Par ailleurs, et afin de mieux aider à la réussite d’étudiants étrangers souhaitant faire des études dans un des 115 IUT en France, un accueil organisé de ces étudiants est réalisé dans certains pays, permettant d’une part, de faire la sélection des candidats en fonction de leur rendement académique et de leur motivation, et d’autre part, de leur assurer si nécessaire une formation complémentaire en français et un accompagnement de tutorat pendant leur scolarité. Lire la suite »
Les entreprises, surtout les TPE, PME, PMI, sont largement disséminées sur tout le territoire. Elles ont des moyens limités. Elles ont souvent besoin de moyens de laboratoire très spécifiques et peu utilisés, manipulés par des spécialistes très pointus dans leur domaine, par exemple pour des caractérisations très fines. Qui peut les aider dans ces démarches ?
Ces entreprises cherchent aussi en permanence à améliorer leurs processus industriels ou administratifs. Qui peut analyser leur besoin et leur proposer des pistes de réflexion ?
Une fois le produit ou le service qui leur a permis de se lancer dans l’aventure mis au point, leurs efforts portent sur la commercialisation et l’entrepreneur ne peut guère disperser ses efforts dans toutes les directions pour préparer la deuxième ou la troisième génération de produits ou de services. Qui peut proposer et valider quelques nouvelles idées ? Qui peut aider pour trouver des partenaires, des collaborations nationales ou internationales pour une phase de coopétition ?
Les IUT ont, avec leurs départements délocalisés, une très bonne couverture nationale et une certaine ouverture internationale. Avec les suivis des stages que les étudiants de deuxième année doivent obligatoirement faire, les enseignants sont en contact avec de nombreuses entreprises locales et sont donc en mesure de remonter et traiter des problèmes que peuvent leur soumettre ces entreprises. Les réponses à ces questions relèvent aussi bien de la recherche, de l’innovation, que de l’amélioration des processus et donc bien de transfert de technologie ou de connaissance. Et si l’IUT, avec ses propres laboratoires, ou les laboratoires dans lesquels ses enseignants-chercheurs travaillent, n’est pas en mesure de traiter le problème posé, le réseau des 115 IUT est là, disponible pour trouver quelqu’un capable de traiter le problème ou la question posée. Ce contact a en général une retombée aussi essentielle pour l’IUT : la taxe d’apprentissage, que peut lui flécher l’entreprise. Il faut savoir que les IUT trouvent par eux-mêmes près de 35% du financement de leur budget des moyens. Mais cela a aussi un impact pour l’entreprise qui peut ainsi bénéficier d’avantages via le crédit d’impôt recherche. Lire la suite »