Un élan collectif spontané de l’environnement local de l’IUT de Saint-Nazaire, dans le cadre de l’organisation de la Coupe de France des IUT, dit mieux qu’un long discours l’intérêt et l’attachement que les élus locaux et les entreprises portent aux IUT et à leurs diplômé(e)s.
Jean-Michel Robin, Président du Conseil de l’IUT de Saint-Nazaire
La large implantation des IUT et les partenariats tissés avec les entreprises leur permettent d’adapter leurs programmes pédagogiques aux évolutions du marché local et de capitaliser sur deux valeurs indispensables pour les entreprises : la recherche et l’innovation. C’est cette expertise globale des IUT que nous entendons préserver dans un cadre de référence national.
Cette approche recherche-innovation est validée par les plus hautes instances publiques, comme le prouve la visite de Laurent Wauquiez à l’antenne d’Aurillac de l’IUT de Clermont I. C’est pour préserver ce savoir-faire que nous attendons un pas supplémentaire du ministre vers la régulation tant attendue du système IUT.
Pour en savoir plus sur la visite du ministre, ci-après le compte-rendu de visite du Professeur Jean-Marc Lavest, directeur de l’IUT de Clermont I.
« 5 mars à Aurillac, visite de Laurent Wauquiez.
Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche était sur le campus d’Aurillac le 5 mars. Au-delà de l’annonce de la création d’une LP « Métiers de la petite enfance » adossée à l’IUFM, la visite du Ministre s’est focalisée sur le couplage « Industrie-IUT » en Biologie et notamment sur le sujet de bioinformatique. Le département de Biologie de l’IUT d’Aurillac dispose d’une option de Bio-informatique à titre expérimental et nous abritons dans nos locaux un institut de recherche pharmabiotique « IRP » créé en 2009, qui fédère désormais 31 entreprises et universités de 7 pays européens autour de la recherche sur les probiotiques. Après une visite des partenaires industriels dont Lyocentre et Probionov, le ministre a échangé avec les étudiants de l’IUT de l’option bio-informatique sur les intérêts de capitaliser sur la double compétence ; celle du biologiste et de celle l‘informaticien. L’innovation est souvent aux frontières des domaines et les IUT ont démontré qu’ils pouvaient être des précurseurs dans les attentes de nouveaux marchés. Le ministre a rappelé son attachement aux IUT et leur rôle majeur dans le développement des universités en présence du nouveau recteur de l’académie de Clermont Mme Marie-Danièle Campion. »
En plus de 45 ans d’existence des IUT, les IUT et les entreprises ont su développer de très bonnes relations. Au fur et à mesure des années, un véritable partenariat s’est créé, instituant la double culture IUT/Entreprise comme l’une des caractéristiques principales des IUT.
La participation active du monde professionnel dans la définition des maquettes pédagogiques nationales des DUT est la première expression de cette double culture. Ce partenariat favorise la richesse et la diversité des cursus proposés, les formations s’adaptant aux spécificités des territoires. Cette double culture est un atout pour les deux parties prenantes. D’un côté, les étudiants bénéficient d’une formation combinant la théorie et la pratique et favorisant leur entrée sur le marché du travail. De l’autre, les chefs d’entreprise connaissent la réalité du diplôme de DUT et peuvent s’appuyer sur celle-ci dans leurs phases de recrutement.
L’implantation locale des IUT et leur proximité avec les entreprises locales, adossée à la valeur nationale du diplôme universitaire technologique (DUT), confirme cette double culture. On dénombre en effet 115 IUT et 600 départements implantés dans plus de 250 villes entre l’établissement principal et les antennes locales. Ce maillage géographique contribue ainsi à rapprocher les IUT des bassins d’emplois. Lire la suite »
Les médias, les universités et le législateur parlent de plus en plus de la nécessité de professionnaliser les formations universitaires, y compris au niveau licence. Depuis plus de 40 ans, les IUT grâce à une approche technologique de la professionnalisation, appelée très fréquemment « voie technologique », sont dans ce domaine, au sein des universités, des précurseurs. Leurs missions d’insertion, de promotion sociale et de formation de cadres intermédiaires ont permis aux IUT de former plus de 1,2 Millions de professionnels en responsabilité. Ils délivrent aujourd’hui des formations professionnalisantes à Bac+2 et Bac+3 (DUT et LP).
Dans les IUT, la professionnalisation des formations a pour objectif de former les futurs diplômés à des champs de métiers identifiés. Elle repose sur plusieurs piliers :
- L’identification des besoins du monde professionnel et la construction des programmes en collaboration avec les représentants du secteur,
- La formation par la technologie qui permet l’acquisition à la fois des bases théoriques nécessaires, des gestes professionnels et de savoir-faire y compris par des mises en situation et qui permet aussi une approche pédagogique par induction, plus pratique. C’est une pédagogie qui confronte très rapidement les jeunes à des problématiques concrètes proches de la réalité du monde socio-économique ouvrant ainsi leurs compréhensions du monde moderne et de son évolution,
- La mise en œuvre de l’éducation au choix pour tous : les modules Projets Personnels et Professionnels,
- La présence forte d’intervenants extérieurs issus du monde professionnel venant partager leur expérience,
- La présence de personnalités extérieures dans les différents conseils. Lire la suite »
Les entreprises, surtout les TPE, PME, PMI, sont largement disséminées sur tout le territoire. Elles ont des moyens limités. Elles ont souvent besoin de moyens de laboratoire très spécifiques et peu utilisés, manipulés par des spécialistes très pointus dans leur domaine, par exemple pour des caractérisations très fines. Qui peut les aider dans ces démarches ?
Ces entreprises cherchent aussi en permanence à améliorer leurs processus industriels ou administratifs. Qui peut analyser leur besoin et leur proposer des pistes de réflexion ?
Une fois le produit ou le service qui leur a permis de se lancer dans l’aventure mis au point, leurs efforts portent sur la commercialisation et l’entrepreneur ne peut guère disperser ses efforts dans toutes les directions pour préparer la deuxième ou la troisième génération de produits ou de services. Qui peut proposer et valider quelques nouvelles idées ? Qui peut aider pour trouver des partenaires, des collaborations nationales ou internationales pour une phase de coopétition ?
Les IUT ont, avec leurs départements délocalisés, une très bonne couverture nationale et une certaine ouverture internationale. Avec les suivis des stages que les étudiants de deuxième année doivent obligatoirement faire, les enseignants sont en contact avec de nombreuses entreprises locales et sont donc en mesure de remonter et traiter des problèmes que peuvent leur soumettre ces entreprises. Les réponses à ces questions relèvent aussi bien de la recherche, de l’innovation, que de l’amélioration des processus et donc bien de transfert de technologie ou de connaissance. Et si l’IUT, avec ses propres laboratoires, ou les laboratoires dans lesquels ses enseignants-chercheurs travaillent, n’est pas en mesure de traiter le problème posé, le réseau des 115 IUT est là, disponible pour trouver quelqu’un capable de traiter le problème ou la question posée. Ce contact a en général une retombée aussi essentielle pour l’IUT : la taxe d’apprentissage, que peut lui flécher l’entreprise. Il faut savoir que les IUT trouvent par eux-mêmes près de 35% du financement de leur budget des moyens. Mais cela a aussi un impact pour l’entreprise qui peut ainsi bénéficier d’avantages via le crédit d’impôt recherche. Lire la suite »